L'Histoire d'Évreux

1815

L'Histoire d'Évreux où l'on verra, entre autres, que la présence de quelques maraudeurs prussiens dans les campagnes de l'Évrecin est signalée.

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Les événements fondateurs, les petites et grandes péripéties de la ville, les personnages marquants, les anecdotes diverses, les informations les plus variées...

1815


En 1815
Imprimeur libraire situé rue aux Febvres, Jean-Jacques Ancelle est inquiété par la justice pour avoir publié un catéchisme sans y faire apparaître son nom, comme l'exige strictement la réglementation.

La même année (1815)
Fils d’un peintre italien jadis installé à Évreux pour participer à la restauration de sa cathédrale, le bottier Victor Tavainy se trouve dans une situation d’extrême pauvreté.

Début janvier 1815
Gouverneur de la 15e division militaire, le maréchal Jean-Baptiste Jourdan reçoit à Évreux, des mains de Louis-Antoine d’Artois, duc d'Angoulême, les lettres patentes du roi Louis XVIII lui conférant le titre de comte.
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Estampe représentant Jean-Baptiste Jourdan par le graveur Jean-Baptiste Gautier d'après Hilaire Le Dru
© BNF-Gallica, Département Estampes et photographie, Rés. QB-370(52)-FT4
Domaine public


En février 1815
Suivant l'instruction ministérielle du 6 février, la ville d'Évreux se dote d'un service de secours contre les incendies.

Le 23 mars 1815
Arborant la cocarde nationale, la garde nationale du département de l’Eure installe le drapeau tricolore sur le beffroi aux cris de « Vive l’empereur ! », après le retour d'exil de Napoléon Bonaparte.

Le 24 mars 1815
Depuis sa résidence d'Évreux, le préfet André Urbain Maxime de Choiseul d'Aillecourt rédige un courrier à l'attention des habitants du département, préoccupés par le bouleversement politique que représente le retour de l'Empereur :
La Providence vient de replacer nos destinées entre les mains de l'Empereur Napoléon (...) Que tous les amis de la patrie et de l'humanité se réunissent, s'il est nécessaire, pour arracher le flambeau de la discorde aux téméraires qui essaieraient d'allumer parmi nous le feu d'une guerre intérieure.

Le 29 mars 1815
Naissance à Évreux d'Auguste Bibianne Loudolphine de Brémond, fille du général d'Empire François Joseph Dominique de Brémond qui avait préféré mettre à l'abri dans cette ville Henriette Charlotte Bernardine Oelgarde de Lehsten, son épouse enceinte, avant de partir en campagne contre la Septième Coalition.
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Auguste Bibianne Loudolphine de Brémond
© Pierre Michel van Win / Geneanet
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Le 6 avril 1815
Préfet de l'Eure-et-Loir, Antoine Gaspard Louis Rouillé d'Orfeuil est nommé à la préfecture de l'Eure en remplacement d'André Urbain Maxime de Choiseul d'Aillecourt qui rejoint la Côte-d'Or. Il n'entrera cependant pas en fonction.

Le 12 ou 14 avril 1815
Remplaçant son furtif prédécesseur, le nouveau préfet Maurice Duval prescrit une enquête sur l'évêque Jean-Baptiste Bourlier, afin de connaître les éventuelles tendances royalistes du clergé d'Évreux.

Le 13 avril 1815
Naissance au hameau du Buisson à Évreux de Charles Gustave Degrusse, interne en médecine et chirurgie des hôpitaux de Paris, médecin du lycée de Vanves, médecin du bureau de bienfaisance du 15e arrondissement de Paris, responsable de quatre ambulances dans le quartier de Vaugirard pendant le siège de Paris de 1870-1871 et officier de la Légion d'honneur.
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Signature de Charles Degrusse sur le récepissé de décoration de la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur
© Archives nationales, Base Léonore LH.690.40
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Le 20 avril 1815
Le premier adjoint Jean-Louis Buzot-Dubourg est nommé maire d'Évreux par interim en remplacement du contre-amiral François Cyprien Antoine Lieudé de Sepmanville.

Le 9 mai 1815
Le doute concernant un jeune prêtre de Boulay-Morin désormais dissipé, le sous-préfet confirme à sa hiérarchie que le clergé du diocèse d'Évreux ne présente aucune tendance royaliste notable, et que tous les hommes d'église sont comme un seul homme derrière Napoléon Ier.

Le 20 juin 1815
Un arrêté désigne tardivement et inutilement les villes d'Évreux et de Moulins comme centres de détention pour les prisonniers russes, la bataille décisive de Waterloo ayant été perdue par les troupes de l'Empereur l'avant-veille.

Le 23 juin 1815
Le maître de la poste aux chevaux de Louviers réclame au maire d'Évreux la location du casernement aux équidés de l'ancienne église Saint-Gilles.

Début juillet 1815
La présence signalée de quelques maraudeurs prussiens dans les campagnes de l'Évrecin et aux abords de la ville nourrit l'inquiétude de la population, de moins en moins optimiste sur le sort réservé à la Nation.

Le 2 juillet 1815
En raison de l'avancée des troupes alliées, la malle-poste de Paris à Rouen se voit contrainte de modifier son chemin et emprunte la route d'Orléans. Elle arrivera inhabituellement dans l'après-midi.

Le même jour (2.7.1815)
Un officier consigne dans un procès-verbal les dégradations commises par le 4e régiment de cuirassiers au quartier Saint-Sauveur et à la caserne de l'ancien couvent des Ursulines.

Le 3 juillet 1815
L'avancée inexorable des troupes alliées continue de perturber fortement la malle-poste de Paris à Rouen qui n'arrive à Évreux que dans la soirée.

Le 5 juillet 1815
La rumeur de la capitulation de Paris arrive par le courrier en exprès d’un particulier dont les parents habitent Versailles.

Le 6 juillet 1815
La majorité des Ébroïciens apprennent la capitulation de Paris face aux troupes alliées de la Septième coalition par l'intermédiaire de M. Philibert, conducteur de la diligence Paris-Évreux qui présente, dès son arrivée à l'hôtel du Grand-Cerf, une gazette parisienne. Les nouvelles données la veille par un particulier dont les parents habitent Versailles sont donc confirmées.

Le 9 juillet 1815
Une ordonnance du nouveau roi Louis XVIII réintègrerait dans leurs fonctions tous les officiers civils et militaires dont François Cyprien Antoine Lieudé de Sepmanville, Jean-Louis Buzot-Dubourg et M. de Langle de La Ronce.
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Le roi de France et de Navarre, estampe éditée à Paris chez madame veuve Chéreau, rue Saint Jacques N°10
© BNF-Gallica, département Estampes et photographie, Rés. QB-370(76)-FT4
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Le 10 juillet 1815
La capitulation française et la politique nouvelle de Louis XVIII conduisent le contre-amiral François Cyprien Antoine Lieudé de Sepmanville à retrouver son siège de maire d'Évreux.

Le même jour (10.7.1815)
Sur l'initiative d'un commissaire royal, les habitants arborent une cocarde blanche et accrochent un drapeau à leur maison. Des feux de joie sont allumés aux différentes places et, durant une partie de la nuit, est entendu le chant : « Vive le roi ! À bas les Jacobins ! À bas les bonnets rouges ! »

Le 11 juillet 1815
L’arrivée bruyante d’un détachement de hussards prussiens provoque une grande émotion en ville. Les habitants devront les loger et les nourrir à leurs frais.

Le 12 juillet 1815
Sous-préfet à Rouen et maître des requêtes au Conseil d'État, Marie-Jean Goujon de Gasville est nommé préfet de l'Eure en remplacement du furtif Maurice Duval. Il arrivera en ville quelques jours après.

Le 13 juillet 1815
Un nouveau détachement d’une vingtaine de lanciers prussiens arrive en ville.
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Lancier prussien et cosaques en bataille contre la Garde française (détail), estampe éditée par P. J. Brepols
© BNF-Gallica, Département Estampes et photographie, Rés. QB-370(66)-FT4
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Le 16 juillet 1815
L'évêque Jean-Baptiste Bourlier fait chanter un Te Deum à la cathédrale Notre-Dame d'Évreux, sans avoir invité d'officiers civils ou militaires.

Le même jour (16.7.1815)
Une délégation d'officiels, accompagnée d'un commissaire prussien, se rend à Paris pour plaider la cause du département de l'Eure, financièrement exsangue et incapable de payer les réparations de guerre.

Le même jour (16.7.1815)
La rumeur du pillage d'un quartier de la ville par les troupes d'occupation met en émoi nombre d'habitants.

Le 17 juillet 1815
La garde prussienne se renforce à la préfecture et des sentinelles sont placées aux anciennes barrières de la ville.

Le 18 juillet 1815
L'arrivée d'un important détachement de lanciers prussiens coïncide avec celle de Marie-Jean Goujon de Gasville, nouveau préfet de l'Eure.

Le 19 juillet 1815
Partie à Paris trois jours auparavant, la délégation d'officiels retourne à Évreux, et annonce à la population que les indemnités de guerre de 4 millions de francs ont été réduites au quart.

Le même jour (19.7.1815)
Il est remis à chaque soldat prussien deux livres de pain, une livre de viande, une bouteille de bière ou une demi-bouteille de vin, un cinquième de bouteille d'eau-de-vie et du tabac.

Le 21 juillet 1815
Mandatés pour le recouvrement des indemnités de guerre qui représentent un montant d'un million de francs pour le département, des commissaires se présentent chez les contribuables d'Évreux.

Vers le 25 juillet 1815
Un quartier général prussien est établi au château de Navarre, tandis que plusieurs habitants des alentours d'Évreux quittent leur logement par crainte des violences de l'occupant.

Le 28 juillet 1815
Par ordonnance royale, le roi Louis XVIII nomme l’évêque d’Évreux Jean-Baptiste Bourlier président des collèges du département de l’Eure.
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L'évêque Jean-Baptiste Bourlier
© Gérard Bourlier / le-prince-de-talleyrand.fr
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Le 30 juillet 1815
Anticipant une ordonnance prussienne, la municipalité invite l'ensemble des citoyens à rendre les armes qu'ils peuvent posséder.

Le 6 août 1815
Inspecteur aux revues de la 15e division militaire, M. Barte annonce aux officiers du département de l’Eure, dont le paiement avait été suspendu suite à la victoire de la Septième Coalition et à la chute définitive de Napoléon Bonaparte, mais qui pouvaient justifier d’une réintégration de leur solde, qu'ils peuvent s’adresser directement à M. Villantroys, sous-inspecteur aux revues à Évreux.

Le 18 octobre 1815
Substitut du procureur auprès du tribunal de première instance d'Évreux depuis août 1814, Georges Félix Bayeux est promu procureur au même tribunal.

Le 19 août 1815
Le préfet de l'Eure Marie-Jean Goujon de Gasville est emmené en otage par les Prussiens vers une destination qui n'est pas communiquée, ce qui crée une grande inquiétude en ville.

Le 22 août 1815
Les barrages prussiens conduisent la diligence régulière à faire descendre les voyageurs à l'entrée de la ville. Ils poursuivront donc leur chemin à pied.

Vers le 23 août 1815
Se sentant en insécurité, plusieurs habitants et commerçants quittent la ville pour se réfugier à Rouen.

Le 24 août 1815
La fête de Saint-Louis, prévue pour le lendemain, est proclamée sans salve de coups de canon, ce dernier étant mis sous sequeste par les autorités d'occupation.

En septembre 1815
Les autorités prussiennes d'occupation font installer 32 nouveaux réverbères dans la ville d'Évreux.

Le 2 septembre 1815
Les habitants sont contraints de pourvoir au besoin en logements des troupes prussiennes.

Le 25 septembre 1815
Un certain émoi est ressenti lorsque les autorités municipales envisagent de stocker du fourrage dans l'église Saint-Taurin. Ils finissent par abandonner cette idée.

Le 4 octobre 1815
De retour d'Aix-la-Chapelle où il se trouvait en résidence surveillée depuis la fin du mois d'août, le préfet de l'Eure est accueilli par de nombreux habitants pour son retour à Évreux.

Le 5 octobre 1815
Alors que les autorités municipales avaient envisagé puis rapidement abandonné cette idée, les Prussiens décident de stocker le fourrage dans l'église Saint-Taurin. Seuls le choeur et une aile sont laissés aux offices religieux.

Le même jour (5.10.1815)
Le quartier général prussien quitte le château de Navarre qu'il occupait depuis le 25 juillet environ.

Le 9 octobre 1815
Bouleversé dans son organisation par les événements qui secouent le pays depuis la défaite, le jury d'examen des étudiants en médecine est toutefois maintenu à Évreux.

Mi-octobre 1815
Une ordonnance royale exige un sixième du foncier, un quart du mobilier, une partie de l'impôt sur les portes et fenêtres et la moitié des patentes pour le nouvel impôt de guerre.

Le 22 octobre 1815
Le préfet Marie-Jean Maurice Goujon de Gasville fait afficher et proclamer le nom des 25 personnes qui ont été arrêtées dans le département pour propos séditieux ou injurieux envers l'autorité royale.

Le 24 octobre 1815
Malgré le départ de l'état-major de Friedrich Heinrich Ernst von Wrangel qui opérait depuis le château de Navarre, la 24e brigade du 6e corps d'armée contrôle toujours les villes de Breteuil, Damville, Évreux, Conches, Pacy et Vernon.
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Vue anonyme du château de Navarre datée du XIXe siècle
© Anonyme / Wikimedia Commons
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Le 29 octobre 1815
Le 4e régiment de cuirassiers fait son retour en ville.

Le 4 novembre 1815
Après le départ du quartier général du château de Navarre, les troupes prussiennes quittent désormais Évreux, au grand soulagement des habitants. Le préfet de l'Eure met aussitôt en place le recrutement de la Garde nationale.

Le 5 novembre 1815
Après le départ des Prussiens et la restauration de la Garde nationale, les fusils qui avaient été cachés aux autorités d'occupation réapparaissent.

Le même jour (5.11.1815)
Alors que l'ensemble des troupes prussiennes est parti la veille, une soixantaine de cuirassiers et lanciers arrivent à Évreux pour y passer quelques jours.

Le 17 novembre 1815
Les derniers cuirassiers et lanciers prussiens quittent Évreux avec un nombre non négligeable d'étalons et de juments de race normande qu'ils avaient perquisitionnés dans le Calvados.

Le 26 novembre 1815
La garde urbaine fait une grande parade où cours de laquelle de nouveaux officiers prennent leurs fonctions en remplacement de leurs prédécesseurs, destitués pour des raisons politiques.

Fin novembre 1815
Les autorités civiles et militaires mettent en place les canonniers de la Garde nationale.

Le 20 décembre 1815
Juge suppléant au tribunal de première instance d'Évreux depuis novembre 1811, Armand François Hébert est nommé substitut du procureur.

Le même jour (20.12.1815)
Charles Léonor Marescal est nommé juge au tribunal de première instance d'Évreux.

Le 31 décembre 1815
On compte précisément 107 naissances hors-mariage sur les 449 naissances enregistrées en 1815 à Évreux.

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